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Lecture des FILS DE L’OGRE

Merci à Sophie David d’avoir photographié la soirée du 25 mai 2012,

où les libraires ont pris plaisir à lire à voix haute quatre nouvelles des Fils de l’ogre

et à dialoguer avec Mathis.

Merci au public pour son enthousiasme. 

 

 

Paru il y a quelques années, Faire et défaire (2007) mettait en scène un père et son fils. Tous deux s’entendaient bien, étaient même complices, en dépit de l’alcoolisme du père, ce qui se traduisait, au sein de plusieurs histoires, par l’alternance des points de vue : le regard porté sur les événements était souvent celui du fils et de temps en temps celui du père, et leurs deux visions pouvaient se rejoindre. Dans Les Fils de l’ogre, le deuxième livre qu’a écrit Jean-Marc Mathis pour la collection « Nouvelles » des éditions Thierry Magnier, les relations entre père et fils ne sont pas harmonieuses du tout.mathismarjorie.jpg

L’ogre a deux fils, qui ne sont encore que des enfants quand s’ouvre la première nouvelle. Tant qu’ils sont petits, Fred et Max l’appellent « papa ». Ce père est un maçon alcoolique, aux réactions imprévisibles. Il est sujet à des crises d’épilepsie, maltraite ses enfants, terrorise sa femme. Longtemps, il se maintient au sommet de sa puissance, puis nous assistons à son inexorable déchéance.

Les Fils de l’ogre est un ensemble de douze nouvelles, dont chacune se conclut par une chute inattendue, mais ces histoires n’acquièrent tout leur sens que prises dans leur totalité. Ce livre est donc un roman, et le lecteur accepte sans difficulté les ellipses temporelles ménagées entre ses divers épisodes. La construction du livre renforce en nous le sentiment qu’une fatalité pèse sur les personnages, et ce n’est pas par hasard qu’un de ses épisodes s’intitule précisément « Les maudits ».

 

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Dans l’enfance, presque rien ne distingue les deux fils, Fred et Max, l’aîné et le cadet. Face à l’oppression paternelle, ils forment un être unique et vulnérable. C’est à l’adolescence qu’ils grandissent différemment et que leurs trajectoires se dissocient en profondeur, même si le lien de solidarité qui les unit ne se dément jamais. La dernière nouvelle est teintée de fantastique : le livre devait en passer par là pour suggérer que l’engrenage qui broie une enfance n’est pas toujours un mécanisme fatal.

Centrée sur les aventures de Fred et de Max, la narration fait également surgir de nombreux personnages secondaires, qui sont tous caractérisés par leur langage, par des façons de parler bien particulières que l’auteur recrée avec naturel, voire avec tendresse, mais elle ne fait aucune incursion dans la conscience de ce père dénaturé : l’opacité même de cet homme, tant pour ses fils que pour le lecteur, fait de lui un objet de fascination. Son intériorité demeure énigmatique, donc terrifiante. Ce choix narratif est tenu jusqu’au bout, mais il n’empêche pas certaines nouvelles de nous faire mathisjeanbernard.jpgentrevoir un fragment de l’enfance de l’ogre, détail significatif ou dérisoire.

Cette œuvre plaira aux adolescents comme aux adultes. Elle est sombre et cruelle, parce que Mathis dépeint l’échec, la misère, les désastres familiaux, mais son humour est ravageur et tous ses personnages ont le relief et la respiration de la vie. L’humour noir est la poésie du désespoir.

 

                              Jean-Michel

 

 

 

 

mathisjeanmichel.jpgMathis, Les Fils de l’ogre

Éditions Thierry Magnier, collection « Nouvelles » (2012)

178 pages

10,10 €

 

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De la poésie et du travestissement

 

LECTURE-RENCONTRE

 

David DUMORTIER

 

jeudi 14 juin 2012 à 18h 

 

Des oranges pour ma mère

 

illustré par Estelle AGUELLON

 

Cheyne éditeur (Poèmes pour grandir)

 

 

Un texte poignant et lumineux, récit poétique d’une sortie de prison ; celle d’une mère, vue par les yeux de son enfant, durant le trajet qui les ramène, ensemble, à la maison. 

 

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Poète, David Dumortier dit le monde paysan dans Une femme de ferme, l’enfance et la marginalité dans Mehdi met du rouge à lèvres et La Clarisse, tous édités par Cheyne, et le travestissement dans son récit paru récemment aux éditions Le Dilettante : Travesti.

 

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« L’écriture a alimenté mon travestisme et mon travestisme mon écriture. Ils se sont épousés. Le poète est quelqu’un d’autre. Cet autre une fois fardé, grimé, masqué, chamarré, pavoisé, peut enfin parler une autre langue qui ne goûte que l’extrait pur, la quintessence, le vingt-quatre carats de la terre, le suc des coquelicots de nuit, l’étoile qui s’allume trois secondes dans les yeux d’un homme en pleine chute, la rosée sur un pétale miraculeux… »

 

 

Un récit brut et autobiographique, sans fard, sans travestissement.

                                                    Jean-Pascal Dubost, Poezibao.

 

La psychanalyse à l’honneur

L’École de Nancy pour la psychanalyse

et la librairie l’Autre Rive

 

vous invitent à une rencontre-débat

avec

 

Bernard Vandermersch

 

mercredi 13 juin 2012, à 20 h 45

 

à propos de son livre

 

Une année à l’hôpital

(Ėditions Érès, 2009)

 

     À l’heure où prévalent à l’hôpital les impératifs économiques, des psychanalystes s’attachent à maintenir le dispositif dit de la « présentation de malade ».

     Dans Une année à l’hôpital, Bernard Vandermersch nous décrit cette expérience clinique et nous en fait partager l’élaboration théorique.

     Le livre contient la transcription des entretiens qu’il a eus avec onze patients, sur une année, devant un public de praticiens, d’infirmiers et d’étudiants.vandermersch.jpg Chaque entretien est suivi d’un commentaire où le psychanalyste analyse les paroles du malade. Les membres de l’équipe soignante et les autres participants interviennent librement.

     Dans un glossaire placé en fin d’ouvrage, sont définies les principales notions de psychanalyse abordées dans le texte.

 

 

 

     Bernard Vandermersch est psychanalyste, membre de l’Association lacanienne internationale. Il a co-dirigé la rédaction du Dictionnaire de la psychanalyse (Larousse).

 

 

 

À la rencontre de MeMo

Dans le cadre de la QUINZAINE DES LIBRAIRIES SORCIÈRES :

51 créateurs et 51 éditeurs célébrés dans 51 librairies spécialisées jeunesse

 

À la librairie l'Autre Rive

en partenariat avec l’IUFM Maxéville et la Médiathèque de Toul

 

 

mercredi 30 mai 2012 à 16h30

 

GHISLAINE HERBÉRA  dédicacera ses ouvrages

dont

 

Monsieur Cent Têtes

Éditions MeMo

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Prix 1er Album 2010

 

Quelle tête arborer à un rendez-vous amoureux et comment ne pas perdre la tête ? Le héros de cet album, cherchant la tête qui collera le mieux avec sa timidité, son appréhension, sa honte, sa colère, sa joie… va essayer cent masques drôles, étranges, inquiétants, venus du monde entier. Dans cet album Ghislaine Herbéra joue de ses  talents de plasticienne et de scénographe et nous offre un beau voyage artistique au pays de l’art et des émotions.

 

 

 

 

Jeudi 31 mai 2012 à 18h30

 

rencontre avec CHRISTINE MORAULT

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Co-Fondatrice et directrice des éditions MeMo, où elle publie depuis 1993 des livres d’artistes et d’écrivains pour la jeunesse : l'occasion de découvrir un projet éditorial exigeant.

 

 

                 

Rencontre avec le poète

Richard Rognet

 

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mardi 29 mai 2012

 

à  18 30

 

Élégies pour le temps de vivre  (Gallimard)

 

Flâneries le long des sentiers de la mémoire, ces Élégies de Richard Rognet convoquent des instants d’enfance, d’amour et d’amitié, mais aussi le bruissement des feuillages, le déplacement des nuages, les mousses des forêts et les fleurs des jardins, les reflets et les ombres. Bien que teintés de nostalgie, de celle qu’éprouve un homme conscient d’être parvenu « aux lisières du monde », ces poèmes ne sont pas plaintifs. Ils célèbrent la vie, à travers l’évocation de ses mouvements les plus divers, de ses éclosions fragiles, de son invincible pouvoir de renaissance et de métamorphose. Les vers libres de Richard Rognet, au lyrisme contenu, mais parfois impétueux, vont du murmure au chant et du chant au murmure.

 

                                                       

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                  Après tant et tant de pluie, il fallait

                  bien que s’étranglent les nuages et

                  que se reconstruise la forteresse

                  du soleil. Tout commence au fond du parc,

 

                  les merles ragaillardis enchantent la lumière,

                  les herbes qu’on dit mauvaises, avec

                  les roses à moitié mortes, les cosmos,

                  les soucis, le romarin, célèbrent  

 

                  à nouveau la vie autour de la maison.

                  Tout recommence, on est rassuré, on sent

                  qu’un souffle venu des champs se pose

 

                  calmement sur notre solitude. On

                  pourra lire encore, dans l’air apaisé,

                  les méticuleuses arabesques du temps.