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jeudi, 24 mars 2016

Rencontre

avec Matthieu Renault

vendredi 1er avril 2016   à 18 h 30

pour une discussion à propos des écrits et de la vie de C.L.R. JAMES.

 

C.L.R. James (1901-1989) vécut à Trinidad, en Angleterre et aux États-Unis. Il participa aux principaux débats animant l’extrême gauche anglophone. Il côtoya des figures importantes, comme Léon Trotski, et mit en place une critique virulente de ce qu’il appelait « le capitalisme d’État » de l’URSS des années 1940. En près de cinquante ans, C.L.R. James a publié des dizaines de textes, qui ont exercé une influence notoire sur les processus de décolonisation des îles de la Caraïbe et de plusieurs pays africains comme le Ghana et la Tanzanie. Ses prises de parole ont influencé de manière déterminante les mouvements du Black Power aux États-Unis.

Pourtant, ce personnage majeur du XXe siècle anglophone était en France une figure quasi inconnue. Un essai de Matthieu Renault vient mettre un terme à cette situation. Dans C.L.R. James : la vie révolutionnaire d'un « Platon noir » (éditions La Découverte, 2016), plutôt que de faire le choix d’une simple biographie, l’auteur dresse une réflexion sur la construction de la pensée et ses articulations entre éducation européenne et identité caribéenne,clrjames.JPG entre littérature et engagement politique, entre histoire universelle et histoire depuis les marges.

En janvier 2016, les éditions Ypsilon publient un texte de James (paru en 1953), dont Matthieu Renault signe la postface : Marins, renégats et autres parias, étude originale du Moby Dick d’Herman Melville.

Toute sa vie, James fut divisé entre son engagement dans les luttes contre l’impérialisme britannique et sa vision européenne du combat politique et des débats intellectuels. « C’est dans la philosophie et la littérature de l’Europe de l’Ouest », écrira-t-il, « que s’enracine ma compréhension du monde. »

 

Matthieu Renault est maître de conférences en philosophie à l’université de Paris-8 Vincennes-Saint-Denis. Il est l’auteur de Frantz Fanon : de l’anticolonialisme à la critique postcoloniale (Amsterdam, 2011), et de L’Amérique de John Locke : l’expansion coloniale de la philosophie européenne (Amsterdam, 2014).

 

samedi, 12 décembre 2015

Rencontre avec Chandeigne

Jeudi 17 décembre 2015 à 18 h 30

MICHEL CHANDEIGNE

nous présentera un beau livre publié par ses soins en octobre dernier :  Le Voyage des plantes & les Grandes Découvertesde José E. Mendes Ferrão.

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Traduit du portugais par Xavier de Castro

(alias Michel Chandeigne).

Nous vous proposons une soirée douce, en compagnie de l’éditeur Michel Chandeigne, dont les récits fascinants vous feront voyager, tout autour du monde, sur les traces de nos fruits et de nos légumes…

 

Dès les XVe et XVIe siècles, sur les navires portugais et – dans une moindre mesure espagnols, presque toutes les plantes vivrières ont plus ou moins rapidement changé de continent, mondialisant les habitudes alimentaires et les pratiques agricoles dans toutes les zones tropicales de la planète, et bien sûr en Europe.

« Cet ouvrage évoque les voyages, souvent précoces, de soixante-neuf de ces plantes consommées aujourd’hui partout dans le monde. Accompagné d’une très riche iconographie, il rappelle les conditions de leur découverte, cite leurs premières descriptions, les dates et les aventures parfois étonnantes de leur diffusion. »

(Quatrième de couverture.)



José Eduardo Mendès Ferrão, né en 1928, a été professeur de l’Instituto Superior de Agronomia de Lisbonne et directeur de recherches à l’Instituto de Investigação Científica e Tropical.

samedi, 05 décembre 2015

À propos de Claude Lévi-Strauss : rencontre

avec

EMMANUELLE LOYER


mardi 15 décembre 2015  à 18 h 30

pour sa biographie de  Claude Lévi-Strauss

lévistrauss.jpg


(éditions Flammarion, septembre 2015)

PRIX FEMINA ESSAI 2015



    Comment écrire l’histoire d’une vie faite de bifurcations comme celle de Lévi-Strauss (1908-2009), qui dérive de la philosophie à l’ethnologie lorsqu’il embarque pour le Brésil en 1935 ?
    Nourrie des archives personnelles de Claude Lévi-Strauss déposées à la Bibliothèque nationale de France en 2007, servie par un esprit de synthèse et de contextualisation, cette vaste biographie relève le défi et plonge le lecteur dans le récit d’une vie palpitante. Récit picaresque d’abord, d’un jeune savant chez les Indiens découvrant les accords de Munich dans un journal au fin fond de l’Amazonie. Récit philosophique ensuite, sur l’ébauche de la méthode structuraliste appelée à révolutionner l’anthropologie. Récit proustien, enfin : celui d’un ethnologue toujours décalé par rapport à son temps, en proie à ce qu’il nomme son « donquichottisme », soit « le désir obsédant de retrouver le passé dans le présent ».
    Mais ce contretemps perpétuel a sa contrepartie : « Plus Lévi-Strauss vieillit, plus il devient actuel », écrit sa biographe Emmanuelle Loyer.


Emmanuelle Loyer est professeur au Centre d’Histoire de Sciences-Po Paris, spécialiste d’histoire intellectuelle et culturelle. Elle est l’auteur de plusieurs ouvrages, notamment Paris à New-York. Intellectuels et artistes français en exil, 1940-1947 (Grasset, 2005).

samedi, 03 octobre 2015

Rencontre

mercredi 7 octobre 2015

 

à 18 h 30

 

avec Éric Chabauty, Pierre Freyburger et Luc Georges

pour leur livre Sept jours à Calais

(éditions Médiapop)

 

Préface de Jean Ziegler

 

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« “To UK !”, le signal secoue la jungle Tioxide inondée par des averses lourdes et pénétrantes. Immédiatement, plusieurs dizaines d’hommes et quelques femmes, à peine couverts, filent vers la butte qui cache un tronçon de la rocade menant à la zone d’embarquement, synonyme d’accès à la terre promise… Les migrants savent ce qu’ils doivent faire pour permettre à quelques-uns d’entre eux, choisis par le destin, de passer, sans encombre ni passeur… »

Habitants de Mulhouse, ville-monde aux cent quarante nationalités, Éric Chabauty, Pierre Freyburger et Luc Georges ont entamé un long périple qui les a conduits aux portes de l’Europe, où frappent en vain plusieurs dizaines de milliers de personnes venues de la Corne de l’Afrique et du Moyen-Orient, fuyant la guerre et les persécutions.

Les témoignages qu’ils ont recueillis à Calais, porte de sortie européenne de plus en plus hermétique vers l’Angleterre, soulignent les atermoiements d’une Union européenne tentée par le repli sur soi.

 

Rencontre proposée en partenariat avec le Centre culturel André Malraux de Vandœuvre et la Maison de l’Architecture de Lorraine, jusqu’au samedi 17 octobre, en lien avec l’exposition Fragile(s) qu’on peut aller voir à la Galerie Robert Doisneau.

 

lundi, 08 juin 2015

Rencontre en ethnopoétique

En partenariat avec l’ Association lorraine

des Professeurs de langues anciennes  (ALPLA),

l’Autre Rive reçoit

CLAUDE CALAME

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jeudi 18 juin 2015

à 18 h 30

pour son dernier livremythologie_grecque.jpg

Qu’est-ce que la mythologie grecque ? (paru directement au format de poche, dans la collection Folio-Essais, Gallimard, 2015)

 

Claude Calame y démontre que rien n’est plus variable, plus plastique, qu’un récit héroïque grec. Tout « mythe » grec est sans cesse reformulé, parce que chacune de ses versions est destinée à agir dans une conjoncture historique et culturelle bien précise. On ne saurait donc dissocier un récit des formes que prend sa narration (chant rituel, discours, scène peinte sur un vase…) ni des fonctions assignées à cette narration (dans un contexte politique ou cultuel, par exemple). Tout mythe relève du fictionnel plutôt que du fictif, c’est-à-dire qu’il résulte du « modelage » d’actions héritées d’un temps archaïque mais dont la valeur de vérité historique n’est pas fondamentalement remise en cause. Pour un Grec, les muthoi n’étaient pas des fables, et le muthos n’était pas le contraire du logos.

En portant un regard neuf sur Déméter, sur Bellérophon, sur Oreste, sur Hélène, sur Thésée ou sur Héraclès, Claude Calame nous propose « quelques éléments d’une mythologie grecque entendue non pas à notre usage, mais saisie autant que possible dans ses emplois indigènes ».

(Tous les mots grecs que l’auteur cite dans son livre sont transcrits en caractères latins.)

 

Helléniste, poéticien et anthropologue de renommée mondiale, Claude Calame est directeur d’études à l’École des hautes études en Sciences sociales (EHESS). Il a longtemps enseigné à l’université de Lausanne. Depuis un an, il tient un blog sur Mediapart.

mercredi, 29 avril 2015

Rencontre épicurienne

avec

N  i  c  o  l  a  s   W  a  q  u  e  t

traducteur et poète

 

mercredi 6 mai 2015

à 18 h 30

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                                                             © Radio France, 2012.

Nous recevons Nicolas Waquet à l’occasion de la publication du volume qu’il vient de consacrer à Épicure : Sur le plaisir (éditions Payot & Rivages, Petite Bibliothèque, 2015). Ce livre contient l’ensemble des œuvres d’Épicure qui sont parvenues jusqu’à nous, ainsi que la Vie d’Épicure écrite par Diogène Laërce. Pour mieux nous initier à la pensée épicurienne, Nicolas Waquet a joint à ces textes, tous traduits du grec et annotés par ses soins, une préface particulièrement éclairante.

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Depuis dix ans, Nicolas Waquet « déballe sa bibliothèque » pour les esprits curieux de littérature et de philosophie, en donnant de nouvelles traductions d’auteurs grecs : Théophraste, Épictète, Lucien, Plutarque, Origène ; d’auteurs latins : Cicéron, Sénèque, Fronton, Apulée ; d’auteurs allemands : Hölderlin, Friedrich Schlegel, Tieck, Clausewitz, Sacher-Masoch, Hermann Hesse. Il a traduit un Américain : le biologiste Marc Bekoff. Ces livres sont disponibles dans la collection Petite Bibliothèque des éditions Payot & Rivages (sauf l’anthologie Hölderlin, Poèmes fluviaux, publiée aux éditions Laurence Teper).

Nicolas Waquet publie aussi des poèmes. Son premier recueil, À peine, est paru aux éditions de Corlevour.

Si vous pensez que la sagesse épicurienne vaut encore d’être apprise, – si vos lectures des Grecs et des Romains vous ont laissé comme une envie d’y revenir tôt ou tard, – si vous aimez le Romantisme allemand, – ou si vous voulez en savoir plus sur l’art de la traduction, – alors cette soirée de dialogue avec Nicolas Waquet requiert votre présence.

 

Épicure, Sur le plaisir : lettres et maximes ; précédé de la Vie d’Epicure de Diogène Laërce. Traduit du grec, annoté et préfacé par Nicolas Waquet. Éditions Rivages Poche. 7,10 €.

mercredi, 22 avril 2015

Histoire, ethnologie, gastronomie

L’histoire culturelle s’invite à l’Autre Rive.

Venez rencontrer

Didier Francfort

et Denis Saillard

                    

mardi 28 avril 2015

à 18 h 30

 

Quand vingt spécialistes (d’histoire, d’ethnologie, de géographie, de littérature ou de telle langue étrangère) unissent leurs compétences pour traiter de l’évolution des habitudes alimentaires en Europe entre le XVIIIe siècle et aujourd’hui, cela peut aboutir à un volume copieux et stimulant, comme celui que nous allons vous présenter lors de la prochaine soirée de l’Autre Rive. Récemment paru, il s’intitule Le Goût des autres : de l’expérience de l’altérité gastronomique à l’appropriation. Didier Francfort et Denis Saillard, qui ont collaboré à cet ouvrage et qui en ont assuré la direction, seront nos invités.

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Le goût des autres.jpgComment les goûts alimentaires des uns sont-ils perçus par les autres ? Les vingt chercheurs nous donnent à lire une histoire des échanges et des métissages gastronomiques, et nous montrent comment ces processus peuvent connaître de terribles phases de rupture, lorsque le « narcissisme des petites différences » suscite, entre peuples ou groupes voisins, des tensions conduisant au désir de se distinguer par tous les moyens de ceux dont on était culturellement le plus proche. Même la gastronomie a parfois été mise au service d’une propagande nationaliste.

Il sera également question de l’art japonais de boire le thé en société, coutume que certains pays européens ont complètement réinventée en l’appelant « cérémonie du thé ».

Comme le livre évoque les nombreuses traditions culinaires qui se sont diffusées dans un territoire compris entre l’Atlantique et la mer Caspienne, et qu’il propose aussi quelques incursions en Iran et en Turquie, la discussion risque de nous entraîner loin.

Et nos invités nous diront peut-être s’il est à craindre que la mondialisation qui s’accélère n’entraîne un appauvrissement généralisé des saveurs et des patrimoines culinaires.

 

 

 

d.saillard.jpgDenis Saillard est chercheur associé au Centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines (C.H.C.S.C.), université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines. Il a dirigé, avec Françoise Hache-Bissette, le volume Gastronomie et identité culturelle française : discours et représentations (XIXe-XXe siècle), publié en 2007 par les éditions Nouveau Monde.

 

 

d.francfort.jpgDidier Francfort enseigne l’histoire contemporaine à l’université de Lorraine. Il est co-directeur du Centre de recherches sur les cultures et littératures européennes (CE.R.C.L.E.) et directeur de l’Institut d’histoire culturelle européenne (I.H.C.E.). Il a publié en 2004 Le Chant des Nations : musiques et cultures en Europe, 1870-1914 (Hachette Littératures).

 

 

Le Goût des autres : de l’expérience de l’altérité gastronomique à l’appropriation (Europe XVIIIe-XXIe siècle), publié par P.U.N.-Éditions universitaires de Lorraine, 2015, collection des Cahiers du CERCLE. 20 €.

mercredi, 18 mars 2015

Rencontre en psychanalyse

JEAN-CLAUDE DEPOUTOT

DANIEL LEMLER

 

seront à l’Autre Rive  vendredi 27 mars 2015  à 19 h

pour présenter

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L’amour de la transmission, de Lucien Israël.

Éditions Érès & Arcanes, 2014.

 

Aux yeux de Freud et de tous ses élèves, la transmission fait partie des problèmes majeurs qui sont posés à la psychanalyse. C’est ce que nous rappelle le chapitre « Transmission et/ou enseignement », qui reprend la contribution de Lucien Israël au dernier Congrès de l’École freudienne de Paris.

Israël fut psychanalyste et professeur de psychiatrie à Strasbourg. Ce livre, par lequel se clôt vraisemblablement la publication de ses œuvres, nous parle de la transmission de la psychanalyse, mais aussi de la transmission de l’amour, notamment dans les chapitres respectivement intitulés « La castration dans le couple » et « Portnoy parmi nous », ce dernier consistant en un riche commentaire du plus célèbre roman de Philip Roth.

L’amour de la transmission, formé de textes écrits entre 1965 et 1978, demeure un livre très novateur, qui peut nous aider à lutter contre l’éternel sexisme et contre le racisme, en ce temps où ces fléaux se manifestent de manière particulièrement dramatique.

 

Le docteur Daniel Lemler (auteur de la préface du livre) est psychanalyste, psychiatre, chargé d’enseignement à l’Université de Strasbourg, et consultant dans le service de néonatalogie et d’aide à la procréation médicale assistée du Professeur Nisand à Strasbourg.

 

Le docteur Jean-Claude Depoutot (auteur de la postface du livre et du préambule de chaque chapitre) a pratiqué pendant trente ans la psychiatrie et la psychanalyse à Nancy.

vendredi, 13 février 2015

Rencontre

  

kristin_ross.jpgKristin Ross

 

jeudi 19 février 2015 à 18 h 30

pour son livrekristin ross imaginaire de la commune.jpg

 

 


(éditions La Fabrique, janvier  2015 ;

traduit de l’anglais par Étienne Dobenesque).

 

 

 

    L’imaginaire de la Commune est autant un livre d’histoire des idées que d’histoire tout court. En exhumant l’originalité de la Commune, ses aspirations à un « luxe pour tous », Kristin Ross arrache la Commune de Paris à toute finalité étatiste, productiviste, d’un socialisme de caserne.

     La Commune et ses « vies ultérieures » portent en elles une singulière actualité : elles marquent la naissance d’un mouvement paysan radical et écologiste avant l’heure, « la révolution de la vie quotidienne », ou encore les débats sur le système économique d’une société sans État.

     Par ce geste, Kristin Ross libère la Commune de son statut d’archive du mouvement ouvrier ou d’histoire de France, pour en faire une idée d’avenir, une idée d’émancipation.

 

    Ce n’est pas un hasard si les trois personnages principaux du livre sont un poète-artiste (William Morris), un géographe (Élisée Reclus) et un scientifique anarchiste (Pierre Kropotkine) : la Commune n’est pas un simple épisode de la grande fable républicaine, c’est un monde nouveau qui s’invente pendant ces brèves semaines, un monde qui n’a pas fini de hanter les uns et d’inspirer les autres.

 

 

Kristin Ross, spécialiste de la littérature et de la culture françaises du XIXe et du XXe siècle, est professeur de littérature comparée à la New York University. La plupart de ses livres ont été traduits en français : Rouler plus vite, laver plus blanc (Abbeville, 1997, Flammarion, 2006), Mai 68 et ses vies ultérieures (Complexe, 2005, Agone, 2011) et Rimbaud, la Commune de Paris et l’invention de l’histoire spatiale (Les Prairies ordinaires, 2013).

jeudi, 22 janvier 2015

Quand se rencontrent la psychanalyse et le sport…

Françoise Labridy,

psychanalyste, membre de l’École de la Cause freudienne,

et chercheuse en STAPS,

sera à l’Autre Rive vendredi 30 janvier 2015

à 18 h 30

 

pour son livre

Hors-Corps : Actes sportifs et logique de l’inconscient

 (éditions l’Harmattan, 2014 ; 23 €).

 

Elle s’entretiendra avec Stéphane Germain.

 

Françoise Labridy a ce parcours des gens curieux, ceux qui tendent l’oreille tous azimuts, ceux qui scrutent, qui cherchent sans cesse et observent leurs contemporains sans être (trop) dupes des discours modernes.

hors-corps.jpgC’est à l’école, en cours d’éducation physique, qu’elle découvre que l’envie de savoir prend racine dans le corps, surtout lorsque celui-ci est barré de l’interdit de la pratique sportive. Dès lors, son questionnement sur le corps la pousse à en savoir toujours un peu plus, au travers de ses études et de sa carrière universitaire en UFR-STAPS (université des sciences et techniques des activités physiques et sportives).

Si enseigner peut être synonyme de dispenser des connaissances, chez Françoise Labridy ce terme est avant tout associé à transmettre ce que chacun peut découvrir lorsqu’il s’écoute un peu. Drôle d’enseignement ! Et pourtant cela s’éclaire si l’on considère que toute relation d’apprentissage s’inscrit dans une relation de transfert, ce que déjà S. Freud notait dans son texte Sur la psychologie du lycéen en 1914.

La psychanalyse, via la notion de l’inconscient, peut donner corps à une réflexion qui s’appuie sur le sport et ses pratiques. Françoise Labridy nous le démontre dans cet ouvrage, témoignage vivant d’une cogitation qui prend en compte les évolutions et les transformations du sujet sportif et de la société.

On rencontre dans son livre des athlètes et des entraîneurs en proie à la tyrannie de la performance, mais pas seulement. Il s’agit également d’une écriture seule ou à plusieurs, pour dire tout ce que Lacan et son enseignement apportent à la compréhension des enjeux du corps dans le monde du sport actuel.

Et surtout, cet ouvrage constitue un vibrant hommage à Louis-Félix Labridy, époux de Françoise, athlète et enseignant à la faculté des sports de Nancy de 1967 à 2000.