Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mercredi, 22 avril 2015

Histoire, ethnologie, gastronomie

L’histoire culturelle s’invite à l’Autre Rive.

Venez rencontrer

Didier Francfort

et Denis Saillard

                    

mardi 28 avril 2015

à 18 h 30

 

Quand vingt spécialistes (d’histoire, d’ethnologie, de géographie, de littérature ou de telle langue étrangère) unissent leurs compétences pour traiter de l’évolution des habitudes alimentaires en Europe entre le XVIIIe siècle et aujourd’hui, cela peut aboutir à un volume copieux et stimulant, comme celui que nous allons vous présenter lors de la prochaine soirée de l’Autre Rive. Récemment paru, il s’intitule Le Goût des autres : de l’expérience de l’altérité gastronomique à l’appropriation. Didier Francfort et Denis Saillard, qui ont collaboré à cet ouvrage et qui en ont assuré la direction, seront nos invités.

.

Le goût des autres.jpgComment les goûts alimentaires des uns sont-ils perçus par les autres ? Les vingt chercheurs nous donnent à lire une histoire des échanges et des métissages gastronomiques, et nous montrent comment ces processus peuvent connaître de terribles phases de rupture, lorsque le « narcissisme des petites différences » suscite, entre peuples ou groupes voisins, des tensions conduisant au désir de se distinguer par tous les moyens de ceux dont on était culturellement le plus proche. Même la gastronomie a parfois été mise au service d’une propagande nationaliste.

Il sera également question de l’art japonais de boire le thé en société, coutume que certains pays européens ont complètement réinventée en l’appelant « cérémonie du thé ».

Comme le livre évoque les nombreuses traditions culinaires qui se sont diffusées dans un territoire compris entre l’Atlantique et la mer Caspienne, et qu’il propose aussi quelques incursions en Iran et en Turquie, la discussion risque de nous entraîner loin.

Et nos invités nous diront peut-être s’il est à craindre que la mondialisation qui s’accélère n’entraîne un appauvrissement généralisé des saveurs et des patrimoines culinaires.

 

 

 

d.saillard.jpgDenis Saillard est chercheur associé au Centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines (C.H.C.S.C.), université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines. Il a dirigé, avec Françoise Hache-Bissette, le volume Gastronomie et identité culturelle française : discours et représentations (XIXe-XXe siècle), publié en 2007 par les éditions Nouveau Monde.

 

 

d.francfort.jpgDidier Francfort enseigne l’histoire contemporaine à l’université de Lorraine. Il est co-directeur du Centre de recherches sur les cultures et littératures européennes (CE.R.C.L.E.) et directeur de l’Institut d’histoire culturelle européenne (I.H.C.E.). Il a publié en 2004 Le Chant des Nations : musiques et cultures en Europe, 1870-1914 (Hachette Littératures).

 

 

Le Goût des autres : de l’expérience de l’altérité gastronomique à l’appropriation (Europe XVIIIe-XXIe siècle), publié par P.U.N.-Éditions universitaires de Lorraine, 2015, collection des Cahiers du CERCLE. 20 €.

mercredi, 18 mars 2015

Rencontre en psychanalyse

JEAN-CLAUDE DEPOUTOT

DANIEL LEMLER

 

seront à l’Autre Rive  vendredi 27 mars 2015  à 19 h

pour présenter

amour de la transmission.jpg

 

L’amour de la transmission, de Lucien Israël.

Éditions Érès & Arcanes, 2014.

 

Aux yeux de Freud et de tous ses élèves, la transmission fait partie des problèmes majeurs qui sont posés à la psychanalyse. C’est ce que nous rappelle le chapitre « Transmission et/ou enseignement », qui reprend la contribution de Lucien Israël au dernier Congrès de l’École freudienne de Paris.

Israël fut psychanalyste et professeur de psychiatrie à Strasbourg. Ce livre, par lequel se clôt vraisemblablement la publication de ses œuvres, nous parle de la transmission de la psychanalyse, mais aussi de la transmission de l’amour, notamment dans les chapitres respectivement intitulés « La castration dans le couple » et « Portnoy parmi nous », ce dernier consistant en un riche commentaire du plus célèbre roman de Philip Roth.

L’amour de la transmission, formé de textes écrits entre 1965 et 1978, demeure un livre très novateur, qui peut nous aider à lutter contre l’éternel sexisme et contre le racisme, en ce temps où ces fléaux se manifestent de manière particulièrement dramatique.

 

Le docteur Daniel Lemler (auteur de la préface du livre) est psychanalyste, psychiatre, chargé d’enseignement à l’Université de Strasbourg, et consultant dans le service de néonatalogie et d’aide à la procréation médicale assistée du Professeur Nisand à Strasbourg.

 

Le docteur Jean-Claude Depoutot (auteur de la postface du livre et du préambule de chaque chapitre) a pratiqué pendant trente ans la psychiatrie et la psychanalyse à Nancy.

vendredi, 13 février 2015

Rencontre

kristin_ross.jpgKristin Ross

 

jeudi 19 février 2015
à 18 h 30

pour son livrekristin ross imaginaire de la commune.jpg

 


(éditions La Fabrique, janvier  2015 ;

traduit de l’anglais par Étienne Dobenesque).

 

 

 

    L’imaginaire de la Commune est autant un livre d’histoire des idées que d’histoire tout court. En exhumant l’originalité de la Commune, ses aspirations à un « luxe pour tous », Kristin Ross arrache la Commune de Paris à toute finalité étatiste, productiviste, d’un socialisme de caserne.

     La Commune et ses « vies ultérieures » portent en elles une singulière actualité : elles marquent la naissance d’un mouvement paysan radical et écologiste avant l’heure, « la révolution de la vie quotidienne », ou encore les débats sur le système économique d’une société sans État.

     Par ce geste, Kristin Ross libère la Commune de son statut d’archive du mouvement ouvrier ou d’histoire de France, pour en faire une idée d’avenir, une idée d’émancipation.

 

    Ce n’est pas un hasard si les trois personnages principaux du livre sont un poète-artiste (William Morris), un géographe (Élisée Reclus) et un scientifique anarchiste (Pierre Kropotkine) : la Commune n’est pas un simple épisode de la grande fable républicaine, c’est un monde nouveau qui s’invente pendant ces brèves semaines, un monde qui n’a pas fini de hanter les uns et d’inspirer les autres.

 

Kristin Ross, spécialiste de la littérature et de la culture françaises du XIXe et du XXe siècle, est professeur de littérature comparée à la New York University. La plupart de ses livres ont été traduits en français : Rouler plus vite, laver plus blanc (Abbeville, 1997, Flammarion, 2006), Mai 68 et ses vies ultérieures (Complexe, 2005, Agone, 2011) et Rimbaud, la Commune de Paris et l’invention de l’histoire spatiale (Les Prairies ordinaires, 2013).

jeudi, 22 janvier 2015

Quand se rencontrent la psychanalyse et le sport…

Françoise Labridy,

psychanalyste, membre de l’École de la Cause freudienne,
et chercheuse en STAPS,

sera à l’Autre Rive vendredi 30 janvier 2015
à 18 h 30

 

pour son livre

Hors-Corps : Actes sportifs et logique de l’inconscient
 (éditions l’Harmattan, 2014 ; 23 €).

 

Elle s’entretiendra avec Stéphane Germain.

 

Françoise Labridy a ce parcours des gens curieux, ceux qui tendent l’oreille tous azimuts, ceux qui scrutent, qui cherchent sans cesse et observent leurs contemporains sans être (trop) dupes des discours modernes.

hors-corps.jpgC’est à l’école, en cours d’éducation physique, qu’elle découvre que l’envie de savoir prend racine dans le corps, surtout lorsque celui-ci est barré de l’interdit de la pratique sportive. Dès lors, son questionnement sur le corps la pousse à en savoir toujours un peu plus, au travers de ses études et de sa carrière universitaire en UFR-STAPS (université des sciences et techniques des activités physiques et sportives).

Si enseigner peut être synonyme de dispenser des connaissances, chez Françoise Labridy ce terme est avant tout associé à transmettre ce que chacun peut découvrir lorsqu’il s’écoute un peu. Drôle d’enseignement ! Et pourtant cela s’éclaire si l’on considère que toute relation d’apprentissage s’inscrit dans une relation de transfert, ce que déjà S. Freud notait dans son texte Sur la psychologie du lycéen en 1914.

La psychanalyse, via la notion de l’inconscient, peut donner corps à une réflexion qui s’appuie sur le sport et ses pratiques. Françoise Labridy nous le démontre dans cet ouvrage, témoignage vivant d’une cogitation qui prend en compte les évolutions et les transformations du sujet sportif et de la société.

On rencontre dans son livre des athlètes et des entraîneurs en proie à la tyrannie de la performance, mais pas seulement. Il s’agit également d’une écriture seule ou à plusieurs, pour dire tout ce que Lacan et son enseignement apportent à la compréhension des enjeux du corps dans le monde du sport actuel.

Et surtout, cet ouvrage constitue un vibrant hommage à Louis-Félix Labridy, époux de Françoise, athlète et enseignant à la faculté des sports de Nancy de 1967 à 2000.

lundi, 05 janvier 2015

Rencontre en sciences humaines

Philippe Descola

 

mardi 6 janvier 2015  à 18 h 30

pour son livre d’entretiens avec Pierre Charbonnier

 

La composition des mondes.jpg

(éditions Flammarion, octobre 2014)

 

Quelles perspectives politiques s’offrent à une humanité entrée dans l’anthropocène, cette nouvelle ère géologique engendrée par l’impact de l’action de l’homme sur la planète ?

L’anthropologue Philippe Descola, successeur de Claude Lévi-Strauss à la chaire d’anthropologie du Collège de France, invite à refonder nos cadres conceptuels, qui reposent sur la dichotomie entre « Nature » et « Culture ».

Il publie un livre d’entretiens avec le jeune philosophe Pierre Charbonnier, La composition des mondes, dans lequel il précise les étapes de son parcours intellectuel en même temps que certaines de ses positions.

Parce que notre universalisme est devenu trop étroit pour appréhender ce qui nous arrive, il doit être pensé afin de devenir « plus hospitalier à d’autres manières de composer des mondes ». Les sciences sociales en général, et l’anthropologie en particulier, sont-elles encore capables d’aider à penser et changer le monde, et à s’émanciper d’un sentiment d’impuissance politique de plus en plus prégnant ?

Soucieux de proposer une autre manière d’aborder les rapports entre nature et société, l’anthropologue demande à ce qu’on prenne en compte les expériences alternatives, porteuses de promesses, comme « le dépassement d’une exploitation frénétique de la nature obtenue au prix du saccage des conditions de vie des générations futures, l’effacement des nationalismes aveugles et de l’arrogance prédatrice des grands États-nations et de certaines firmes transnationales ».

Autant de défis concrets de notre modernité qui gagneraient à être envisagés par analogie avec la façon dont les peuples qu’étudient les ethnologues construisent leur rapport au monde.

Pour l’anthropologue, l’urgente réforme des pratiques, des mœurs et des institutions exige un universalisme renouvelé, qui s’attache à inventer des outils analytiques moins dépendants de la conception anthropocentrique des rapports entre humains et non-humains que le naturalisme a engendrée.

Mais comment recomposer les mondes ?