mercredi, 18 mars 2015
Rencontre en psychanalyse
JEAN-CLAUDE DEPOUTOT
DANIEL LEMLER
seront à l’Autre Rive vendredi 27 mars 2015 à 19 h
pour présenter

L’amour de la transmission, de Lucien Israël.
Éditions Érès & Arcanes, 2014.
Aux yeux de Freud et de tous ses élèves, la transmission fait partie des problèmes majeurs qui sont posés à la psychanalyse. C’est ce que nous rappelle le chapitre « Transmission et/ou enseignement », qui reprend la contribution de Lucien Israël au dernier Congrès de l’École freudienne de Paris.
Israël fut psychanalyste et professeur de psychiatrie à Strasbourg. Ce livre, par lequel se clôt vraisemblablement la publication de ses œuvres, nous parle de la transmission de la psychanalyse, mais aussi de la transmission de l’amour, notamment dans les chapitres respectivement intitulés « La castration dans le couple » et « Portnoy parmi nous », ce dernier consistant en un riche commentaire du plus célèbre roman de Philip Roth.
L’amour de la transmission, formé de textes écrits entre 1965 et 1978, demeure un livre très novateur, qui peut nous aider à lutter contre l’éternel sexisme et contre le racisme, en ce temps où ces fléaux se manifestent de manière particulièrement dramatique.
Le docteur Daniel Lemler (auteur de la préface du livre) est psychanalyste, psychiatre, chargé d’enseignement à l’Université de Strasbourg, et consultant dans le service de néonatalogie et d’aide à la procréation médicale assistée du Professeur Nisand à Strasbourg.
Le docteur Jean-Claude Depoutot (auteur de la postface du livre et du préambule de chaque chapitre) a pratiqué pendant trente ans la psychiatrie et la psychanalyse à Nancy.
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vendredi, 13 février 2015
Rencontre
Kristin Ross
jeudi 19 février 2015
à 18 h 30
pour son livre
(éditions La Fabrique, janvier 2015 ;
traduit de l’anglais par Étienne Dobenesque).
L’imaginaire de la Commune est autant un livre d’histoire des idées que d’histoire tout court. En exhumant l’originalité de la Commune, ses aspirations à un « luxe pour tous », Kristin Ross arrache la Commune de Paris à toute finalité étatiste, productiviste, d’un socialisme de caserne.
La Commune et ses « vies ultérieures » portent en elles une singulière actualité : elles marquent la naissance d’un mouvement paysan radical et écologiste avant l’heure, « la révolution de la vie quotidienne », ou encore les débats sur le système économique d’une société sans État.
Par ce geste, Kristin Ross libère la Commune de son statut d’archive du mouvement ouvrier ou d’histoire de France, pour en faire une idée d’avenir, une idée d’émancipation.
Ce n’est pas un hasard si les trois personnages principaux du livre sont un poète-artiste (William Morris), un géographe (Élisée Reclus) et un scientifique anarchiste (Pierre Kropotkine) : la Commune n’est pas un simple épisode de la grande fable républicaine, c’est un monde nouveau qui s’invente pendant ces brèves semaines, un monde qui n’a pas fini de hanter les uns et d’inspirer les autres.
Kristin Ross, spécialiste de la littérature et de la culture françaises du XIXe et du XXe siècle, est professeur de littérature comparée à la New York University. La plupart de ses livres ont été traduits en français : Rouler plus vite, laver plus blanc (Abbeville, 1997, Flammarion, 2006), Mai 68 et ses vies ultérieures (Complexe, 2005, Agone, 2011) et Rimbaud, la Commune de Paris et l’invention de l’histoire spatiale (Les Prairies ordinaires, 2013).
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jeudi, 22 janvier 2015
Quand se rencontrent la psychanalyse et le sport…
Françoise Labridy,
psychanalyste, membre de l’École de la Cause freudienne,
et chercheuse en STAPS,
sera à l’Autre Rive vendredi 30 janvier 2015
à 18 h 30
pour son livre
Hors-Corps : Actes sportifs et logique de l’inconscient
(éditions l’Harmattan, 2014 ; 23 €).
Elle s’entretiendra avec Stéphane Germain.
Françoise Labridy a ce parcours des gens curieux, ceux qui tendent l’oreille tous azimuts, ceux qui scrutent, qui cherchent sans cesse et observent leurs contemporains sans être (trop) dupes des discours modernes.
C’est à l’école, en cours d’éducation physique, qu’elle découvre que l’envie de savoir prend racine dans le corps, surtout lorsque celui-ci est barré de l’interdit de la pratique sportive. Dès lors, son questionnement sur le corps la pousse à en savoir toujours un peu plus, au travers de ses études et de sa carrière universitaire en UFR-STAPS (université des sciences et techniques des activités physiques et sportives).
Si enseigner peut être synonyme de dispenser des connaissances, chez Françoise Labridy ce terme est avant tout associé à transmettre ce que chacun peut découvrir lorsqu’il s’écoute un peu. Drôle d’enseignement ! Et pourtant cela s’éclaire si l’on considère que toute relation d’apprentissage s’inscrit dans une relation de transfert, ce que déjà S. Freud notait dans son texte Sur la psychologie du lycéen en 1914.
La psychanalyse, via la notion de l’inconscient, peut donner corps à une réflexion qui s’appuie sur le sport et ses pratiques. Françoise Labridy nous le démontre dans cet ouvrage, témoignage vivant d’une cogitation qui prend en compte les évolutions et les transformations du sujet sportif et de la société.
On rencontre dans son livre des athlètes et des entraîneurs en proie à la tyrannie de la performance, mais pas seulement. Il s’agit également d’une écriture seule ou à plusieurs, pour dire tout ce que Lacan et son enseignement apportent à la compréhension des enjeux du corps dans le monde du sport actuel.
Et surtout, cet ouvrage constitue un vibrant hommage à Louis-Félix Labridy, époux de Françoise, athlète et enseignant à la faculté des sports de Nancy de 1967 à 2000.
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lundi, 05 janvier 2015
Rencontre en sciences humaines
Philippe Descola
mardi 6 janvier 2015 à 18 h 30
pour son livre d’entretiens avec Pierre Charbonnier

(éditions Flammarion, octobre 2014)
Quelles perspectives politiques s’offrent à une humanité entrée dans l’anthropocène, cette nouvelle ère géologique engendrée par l’impact de l’action de l’homme sur la planète ?
L’anthropologue Philippe Descola, successeur de Claude Lévi-Strauss à la chaire d’anthropologie du Collège de France, invite à refonder nos cadres conceptuels, qui reposent sur la dichotomie entre « Nature » et « Culture ».
Il publie un livre d’entretiens avec le jeune philosophe Pierre Charbonnier, La composition des mondes, dans lequel il précise les étapes de son parcours intellectuel en même temps que certaines de ses positions.
Parce que notre universalisme est devenu trop étroit pour appréhender ce qui nous arrive, il doit être pensé afin de devenir « plus hospitalier à d’autres manières de composer des mondes ». Les sciences sociales en général, et l’anthropologie en particulier, sont-elles encore capables d’aider à penser et changer le monde, et à s’émanciper d’un sentiment d’impuissance politique de plus en plus prégnant ?
Soucieux de proposer une autre manière d’aborder les rapports entre nature et société, l’anthropologue demande à ce qu’on prenne en compte les expériences alternatives, porteuses de promesses, comme « le dépassement d’une exploitation frénétique de la nature obtenue au prix du saccage des conditions de vie des générations futures, l’effacement des nationalismes aveugles et de l’arrogance prédatrice des grands États-nations et de certaines firmes transnationales ».
Autant de défis concrets de notre modernité qui gagneraient à être envisagés par analogie avec la façon dont les peuples qu’étudient les ethnologues construisent leur rapport au monde.
Pour l’anthropologue, l’urgente réforme des pratiques, des mœurs et des institutions exige un universalisme renouvelé, qui s’attache à inventer des outils analytiques moins dépendants de la conception anthropocentrique des rapports entre humains et non-humains que le naturalisme a engendrée.
Mais comment recomposer les mondes ?
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samedi, 22 novembre 2014
Berréby et Allia
Rencontre avec
Gérard Berréby
fondateur et directeur des éditions Allia
vendredi 28 novembre 2014
à 18 h 30
pour son livre d’entretiens
avec Raoul Vaneigem

(paru aux éditions Allia, octobre 2014, 25 €).
Ce livre paraît au moment où l’on s’apprête à commémorer les vingt ans du suicide de Guy Debord. Construit comme un dialogue entre Gérard Berréby et Raoul Vaneigem, ce document est précieux car il retrace toute l’histoire de l’Internationale situationniste, mouvement de pensée dont sont évoquées les origines aussi bien historiques que littéraires – notamment le rapport qu’il entretient avec le surréalisme.
Gérard Berréby, qui a monté la maison d’édition Allia, spécialisée dans la publication de textes situationnistes et radicaux, a acquis une connaissance très pointue de l’histoire des avant-gardes.
Raoul Vaneigem est évidemment plus connu, à la fois comme une des têtes pensantes de l’I.S. et comme l’auteur du Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations (Gallimard, 1967), ouvrage qui a marqué toute une génération et un peu au-delà sans doute.
Les deux hommes discutent ensemble de la notion de radicalité, soulignant la nécessité de changer un monde qui décidément ne convient plus à personne, sauf à quelques spéculateurs. Le fil conducteur de cette méditation est le parcours de Vaneigem lui-même. On dévore les chapitres qui racontent la formation du jeune Raoul, tombé très tôt dans Lautréamont, tout comme Debord, qu’il rencontre en 1961.
On suit le quotidien d’un cercle férocement fêtard, qui infusait de la pensée comme il engloutissait de l’alcool, et où chaque acteur avait son rôle.
L’ouvrage de Berréby et Vaneigem est, par ailleurs, richement illustré de textes, tracts et photos d’époque.
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