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mardi, 25 novembre 2008

Un pays à l'aube de Dennis Lehane

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Les nombreux et fidèles admirateurs du romancier américain Dennis Lehane (Mystic river, Shutter island) risquent d’être un peu désorientés à la lecture d’ Un pays à l’aube ( The Given day) que vient de publier son éditeur habituel les éditions Rivages.

D’abord parce que ce gros roman de 750 pages curieusement édité dans la collection Thrillers n’est pas – disons le tout net – un polar, même s’il flirte avec le genre et même s’il n’y a jamais eu autant de flics dans un livre.

Ensuite parce que les premières pages ( une vingtaine seulement, courage !) décrivent un improbable match de base-ball, sport auquel les français dans leur immense majorité ne comprennent strictement rien.

Passé ce petit obstacle il vous reste plus de 700 pages à déguster façon Lehane, c’est dire si le roman paraît court.

Les flics en question sont ceux de Boston, ville chère à l’auteur qui y situe l’action de tous ses livres. Tous Irlandais d’origine, tous catholiques, tous réacs mais tous unis pour créer un syndicat ( My God !) et se mettre en grève afin d’améliorer leur sort dans cette Amérique de 1919 où la vie est dure pour les pauvres. Sur fond de luttes politiques ( anarchistes et communistes sont barbus à souhait) syndicales et raciales, Dennis Lehane bâtit une histoire passionnante dans laquelle Luther Laurence, jeune noir de l’Ohio et Dany Coughlin, flic en rupture avec le clan familial, se partagent les premiers rôles.

Comme toujours les personnages sont attachants et font passer en douceur une vision par trop idéaliste de l’homme dans une Amérique qui se construit dans la violence et qui est en train de devenir la grande puissance que l’on connaît.

Qui a dit qu’on ne faisait pas de bonne littérature avec de bons sentiments ? Pas Dennis Lehanne, c’est sûr.

Jean-Bernard

 

Un pays à l'aube de Dennis Lehane, Rivages Thriller, 23

Une partie du tout de Steve Toltz

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Jasper Dean, le narrateur,  met à profit son incarcération dans une geôle australienne pour réfléchir à son parcours familial et particulièrement aux liens atypiques entretenus avec son père Martin, homme paranoïaque, misogyne et philosophe.

Sur un rythme effréné et jamais altéré, ce premier roman aborde  à travers une  odyssée familiale des thèmes aussi divers que la vie en prison, les rapports père-fils, l’éducation, les femmes, etc.
Steve Toltz met en application avec brio tous les ressorts du roman, de la farce à l’épopée sans omettre le conte philosophique. Grâce à une construction singulière et un ton comique du meilleur effet, il surprend et entraîne son lecteur sans jamais le perdre.
Le propos de l’auteur est simple, notre accès à la réalité est illusoire puisque nous n’en percevons qu’une infime partie, aussitôt faussée par l’interprétation. Vive la littérature !

On sort de cette lecture ébahi et souriant.

Louise.


Une partie du tout de Steve Toltz, traduit de l’anglais (Australie) par Jean Leger, Belfond, 23 €

Le convoi de l'eau d'Akira Yoshimura

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Comme Les Oiseaux du norvégien Vesaas ou La Saga de Youza du lithuanien Baltouchis, Le Convoi de l’eau du japonais Akira Yoshimura qui vient de paraître chez Actes Sud pourrait bien devenir l’un de ces livres qui marquent de leur empreinte indélébile la mémoire des lecteurs, établissant entre eux et leurs libraires une délicieuse complicité.


La magie de ce livre tient autant à l’atmosphère envoûtante d’une vallée de haute montagne noyée de brume et de pluie qu’à l’art du narrateur découvrant peu à peu une étrange communauté peuplant un hameau oublié des hommes et condamné à être englouti sous les eaux pour laisser place à un immense barrage.


Fable sur notre monde actuel massacreur de planète ? peut-être. En tous cas une provision d’images inoubliables.

 

Jean-Bernard

 

Le convoi de l'eau d'Akira Yoshimura, Actes sud, 16