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samedi, 26 mai 2012

Rencontre avec le poète

Richard Rognet

 

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mardi 29 mai 2012

 

à  18 30

 

Élégies pour le temps de vivre  (Gallimard)

 

Flâneries le long des sentiers de la mémoire, ces Élégies de Richard Rognet convoquent des instants d’enfance, d’amour et d’amitié, mais aussi le bruissement des feuillages, le déplacement des nuages, les mousses des forêts et les fleurs des jardins, les reflets et les ombres. Bien que teintés de nostalgie, de celle qu’éprouve un homme conscient d’être parvenu « aux lisières du monde », ces poèmes ne sont pas plaintifs. Ils célèbrent la vie, à travers l’évocation de ses mouvements les plus divers, de ses éclosions fragiles, de son invincible pouvoir de renaissance et de métamorphose. Les vers libres de Richard Rognet, au lyrisme contenu, mais parfois impétueux, vont du murmure au chant et du chant au murmure.

 

                                                       

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                  Après tant et tant de pluie, il fallait

                  bien que s’étranglent les nuages et

                  que se reconstruise la forteresse

                  du soleil. Tout commence au fond du parc,

 

                  les merles ragaillardis enchantent la lumière,

                  les herbes qu’on dit mauvaises, avec

                  les roses à moitié mortes, les cosmos,

                  les soucis, le romarin, célèbrent  

 

                  à nouveau la vie autour de la maison.

                  Tout recommence, on est rassuré, on sent

                  qu’un souffle venu des champs se pose

 

                  calmement sur notre solitude. On

                  pourra lire encore, dans l’air apaisé,

                  les méticuleuses arabesques du temps.

 

                                              

vendredi, 15 octobre 2010

Rencontre avec Vincent Borel et Sabine Wespieser

Vincent Borel

 

 

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Antoine et Isabelle

 

 éditions Sabine Wespieser

 

 

 

 

 

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Antoine et Isabelle raconte deux histoires : celle de ce couple d’espagnols, grands-parents de l’auteur et celle d’une grande famille d’industriels lyonnais, la famille Gillet.

Antonio et Isabel ont connu la misère profonde de leur pays au début du XXème siècle, la défaite dans les rangs des républicains espagnols en 1939 puis la résistance à l’occupant nazi.

Les Gillet, puissants industriels lyonnais qui ont abandonné le textile pour la chimie, ne cesseront de prospérer au fil des guerres, fabriquant le gaz moutarde utilisé durant la première guerre mondiale puis le zyklon B qui servira dans les chambres à gaz de la seconde.

A travers le destin de ces deux familles, saga remplie de vies et d’évènements, Vincent Borel rend plus intelligible le XXème siècle sans jamais tomber dans le piège du manichéisme. Son roman  ne juge pas mais donne à voir pour  qu’on n’oublie pas. 

 

 

ATTENTION

 

la rencontre aura lieu à 19h15

 

jeudi 21 octobre 2010

 

avec la participation de l'éditeur Sabine Wespieser, qui nous a fait découvrir, entre autres écrivains, Nuola O’Faolain et Duong Thu Huong.

 

 

Vincent Borel collabore à France Musique. Il est l’auteur de six romans dont Baptiste, évocation de la vie de  Lully, qui vient de reparaître dans la collection Points Seuil.

  

  

  

vendredi, 17 avril 2009

La reine des lectrices d’Alan Bennett

bennett.jpgAimez-vous les bonbons anglais, à la fois sucrés et délicieusement acidulés ? Si oui, précipitez-vous sur ce court roman qui distille avec finesse bien des observations pertinentes sur l’art de lire et les joies que nous procure la lecture.

 

L’héroïne de ce roman n’est autre qu’Elisabeth II, comme dans le film si caustique de Stephen Frears, The Queen. La reine donc, voulant remettre au pas ses chiens qui aboient fort désagréablement, découvre dans la cour des communs de Buckingham le bibliobus de Westminster. Elle y pénètre avec quelque hésitation, en ressort avec un roman d’Ivy Compton-Burnett et le mal est fait. Ayant commencé de lire elle ne pourra plus s’arrêter. À travers cette fiction Alan Bennett, romancier et dramaturge à la plume incisive, dresse le portrait d’une femme très occupée, soudain tombée en lecture comme on tombe en amour. Les notations de l’auteur sur la façon dont nous accaparent peu à peu ces histoires de papier sont d’une réelle finesse. Chaque lecteur est unique, son entrée en lecture a une histoire et celle-ci mérite qu’on s’y attarde. Car on ne vit plus de la même manière quand on fréquente assidûment les livres. Cette façon dont notre vie soudain prend du sens, dont nos moindres réflexions entrent en écho avec tant d’autres, cet enrichissement de notre « théâtre intérieur », tout cela est magistralement dit.

 

« Sa charge impliquait qu’elle manifeste de l’intérêt envers un certain nombre d’activités, non qu’elle s’y intéresse pour de bon. De surcroît lire n’était pas agir. Et elle, elle était une femme d’action ». Ce temps-là est révolu, sa majesté est passée de l’autre côté du miroir, de ce côté où on prend le temps de penser, de rêver… Rejoignez-la vite !

 

Claude

La reine des lectrices, Alan Bennett, Denoël, 12 €

mardi, 25 novembre 2008

Un pays à l'aube de Dennis Lehane

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Les nombreux et fidèles admirateurs du romancier américain Dennis Lehane (Mystic river, Shutter island) risquent d’être un peu désorientés à la lecture d’ Un pays à l’aube ( The Given day) que vient de publier son éditeur habituel les éditions Rivages.

D’abord parce que ce gros roman de 750 pages curieusement édité dans la collection Thrillers n’est pas – disons le tout net – un polar, même s’il flirte avec le genre et même s’il n’y a jamais eu autant de flics dans un livre.

Ensuite parce que les premières pages ( une vingtaine seulement, courage !) décrivent un improbable match de base-ball, sport auquel les français dans leur immense majorité ne comprennent strictement rien.

Passé ce petit obstacle il vous reste plus de 700 pages à déguster façon Lehane, c’est dire si le roman paraît court.

Les flics en question sont ceux de Boston, ville chère à l’auteur qui y situe l’action de tous ses livres. Tous Irlandais d’origine, tous catholiques, tous réacs mais tous unis pour créer un syndicat ( My God !) et se mettre en grève afin d’améliorer leur sort dans cette Amérique de 1919 où la vie est dure pour les pauvres. Sur fond de luttes politiques ( anarchistes et communistes sont barbus à souhait) syndicales et raciales, Dennis Lehane bâtit une histoire passionnante dans laquelle Luther Laurence, jeune noir de l’Ohio et Dany Coughlin, flic en rupture avec le clan familial, se partagent les premiers rôles.

Comme toujours les personnages sont attachants et font passer en douceur une vision par trop idéaliste de l’homme dans une Amérique qui se construit dans la violence et qui est en train de devenir la grande puissance que l’on connaît.

Qui a dit qu’on ne faisait pas de bonne littérature avec de bons sentiments ? Pas Dennis Lehanne, c’est sûr.

Jean-Bernard

 

Un pays à l'aube de Dennis Lehane, Rivages Thriller, 23

Une partie du tout de Steve Toltz

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Jasper Dean, le narrateur,  met à profit son incarcération dans une geôle australienne pour réfléchir à son parcours familial et particulièrement aux liens atypiques entretenus avec son père Martin, homme paranoïaque, misogyne et philosophe.

Sur un rythme effréné et jamais altéré, ce premier roman aborde  à travers une  odyssée familiale des thèmes aussi divers que la vie en prison, les rapports père-fils, l’éducation, les femmes, etc.
Steve Toltz met en application avec brio tous les ressorts du roman, de la farce à l’épopée sans omettre le conte philosophique. Grâce à une construction singulière et un ton comique du meilleur effet, il surprend et entraîne son lecteur sans jamais le perdre.
Le propos de l’auteur est simple, notre accès à la réalité est illusoire puisque nous n’en percevons qu’une infime partie, aussitôt faussée par l’interprétation. Vive la littérature !

On sort de cette lecture ébahi et souriant.

Louise.


Une partie du tout de Steve Toltz, traduit de l’anglais (Australie) par Jean Leger, Belfond, 23 €