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vendredi, 22 mai 2009

Vernissage exposition Les Liseurs

En attendant de découvrir

 L'EXPOSITION LES LISEURS

ce petit reportage réalisé pendant les ateliers de photographie

animés à la librairie par Nicolette Humbert

 

 

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jeudi, 14 mai 2009

Quinzaine des Librairies Sorcières

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jeudi, 07 mai 2009

Plein feu sur Anthony Browne

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Pour fêter leur vingtième anniversaire, les éditions Kaléidoscope rendent hommage à Anthony Browne en lui consacrant un livret illustré, offert. Venez découvrir ou redécouvrir l’œuvre de ce grand créateur, auteur de Marcel le champion ou d’Une histoire à quatre voix. A cette occasion sont réédités ses premiers ouvrages traduits en français : J’aime les livres et Ce que j’aime faire.

 

 

En cage de Kalisha Buckhanon

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Et si on essayait de ne pas oublier les adolescents ?

 

Antonio et Natasha, sont amoureux, ont des projets d’avenir mais sont encore jeunes. Antonio est incarcéré pour avoir tué son père violent. Nous lisons donc leur correspondance qui durera presque 10 ans, soit la durée de la peine. Dure est la prison, difficile la vie à l’intérieur. Il est compliqué de comprendre le monde qui avance sans soi. Impossible d’imaginer la vie carcérale quand on n’y est pas, et comment continuer à vivre et faire des projets quand son amour, celui qu’on a choisit doit rester sur le bord du chemin ? Ensemble, ils vont évoluer, se soutenir, grandir, devenir.  Les lettres se suivent, se complètent, se répondent, Natasha deviendra avocate, quittera Harlem, Antonio prépare sa sortie, essaye de ne pas couler, cherche le soutien de son amour, s’accroche à elle comme à une bouée de sauvetage, elle est son espoir. Mais la question reste ouverte : est-ce vraiment lui l’assassin de son père ?

La pensée et le style des lettres évoluent au fil du temps, celles-ci deviennent plus mûres, plus réfléchies. Antonio et Natasha devront faire des choix, renoncer et se créer un nouvel avenir.

Roman épistolaire fort, vrai et touchant, très bien mené.

                                                                                                                 Blandine

 

En cage, Kalisha Buckhanon, Le Rouergue, collection Doado monde,13.50euros

Ma Dolto de Sophie Chérer

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        L’École des loisirs donne une seconde vie à un livre que les éditions Stock avaient publié l’année dernière dans une collection destinée aux adultes. Le mot « ma », dans son titre, se lit comme un adjectif possessif – le livre peint Françoise Dolto telle que la voit Sophie Chérer, telle que l’aime Sophie Chérer –, mais aussi comme le terme anglais qui sert à dire familièrement « maman ». Une soixantaine de chapitres brefs, témoignant d’un art consommé du montage, entremêlent les principaux événements de la vie et de la carrière de Françoise Marette-Dolto, des récits de cures, des exposés sur ses méthodes d’analyse, mais aussi des souvenirs personnels de Sophie Chérer, une apologie du père Noël, un résumé de la vie de Van Gogh, un dialogue entre Béatrix Beck et Roger Nimier, le récit d’une erreur tragique de Georges Simenon.

        Romancière avant tout, Sophie Chérer raconte des événements, fait revivre des échanges, et part du quotidien pour mieux faire comprendre les distinctions théoriques élaborées par la psychanalyste : par exemple, pour résumer le fameux débat sur « l’enfant roi », la différence qu’il y a entre satisfaire un besoin et satisfaire un désir de l’enfant. Certes, lorsque Sophie Chérer invente (ou restitue ?) un dialogue, à propos d’un bonbon de rêve, entre une mère particulièrement disponible, créative, et son enfant, ce dialogue sucré quoique dénué d’humour m’a semblé parodier le difficile précepte énoncé par Dolto plutôt que le mettre en pratique… Mais en général les réflexions qui accompagnent les récits ne manquent ni de justesse ni de clarté ; d’autant plus que l’auteur de Ma Dolto a su, à l’instar de son modèle, éviter le dogmatisme et le verbalisme.

        Le dispositif narratif que Sophie Chérer a mis en place est presque constamment au service de la parole de Dolto elle-même, et le livre a le mérite de ne faire parler Dolto à la première personne qu’en citant ses textes et ses propos (et en donnant, à la fin du livre, la référence précise de chaque extrait cité). En lui cédant la parole le plus souvent possible et en abordant son œuvre sous des angles variés, le livre nous offre d’elle un portrait en kaléidoscope et en mouvement, brûlant de vie et d’énergie.

        Françoise Marette, la future Dolto, eut avec sa mère une relation difficile, même traumatisante, et dut se battre contre elle pour gagner le droit de devenir une femme active. Puis il lui fallut répondre aux reproches de son père polytechnicien, écrivant un jour à celui-ci, comme Kafka, une lettre, qu’elle lui envoya en 1938, qui resta sans réponse et qui inspire à Sophie Chérer ce commentaire conclusif : « Il faut croire que les lettres au père ne sont pas faites pour être lues. Seulement pour être écrites. » (Parce qu’une lettre est restée sans réponse, elle n’a pas été lue ?) Enrichie par son vécu, s’étant trouvée très tôt en pleine possession de ses moyens d’analyste et de cette intuition si nécessaire pour soigner des enfants qui ne peuvent pas tous formuler eux-mêmes leur souffrance, Dolto commence par aider ses jeunes patients à prendre confiance en leur désir, avant de leur enseigner comment apprivoiser les pulsions qui les tyrannisent. « Professeur de désir », elle possède au plus haut point le génie de la relation humaine. Et Sophie Chérer nous fait saisir à quel point la manière qu’a Dolto de parler et d’écrire incarne ce que peut être la parole vraie que l’adulte doit aux enfants.

        Au cœur du livre, se glisse un témoignage plaisant et même truculent de l’illustrateur Philippe Dumas, entré en analyse chez Dolto en 1948, à l’âge de huit ans, et qui prolonge lui-même les anecdotes qu’il nous rapporte par de savoureux dessins. « La plupart des gens ont un âge mental de sept ans, lui a dit Dolto. Toi, tu y es, à cet âge. Tu ne le dépasseras peut-être pas, mais tu l’as, ça suffit. » Dumas nous révèle qu’à un garçon dominateur et violent Dolto aurait imposé le traitement suivant : « Tu veux la bagarre, bien, mais tu dois choisir de te battre avec des gens forts ! Tu vas prendre des cours pour devenir dompteur. » Ce qui fut fait… non sans quelques conséquences fâcheuses (je vous invite à les découvrir par vous-mêmes dans Ma Dolto).

        Voilà donc un livre qui aidera beaucoup d’adolescents à vivre mieux. Pour les jeunes lecteurs, garçons et filles, à partir de treize ans : une initiation à Françoise Dolto. Pour leurs parents : une invitation à relire, ou à découvrir, les livres de cet esprit libre qui fut aussi un authentique écrivain.

 

                                                                                                           Jean-Michel

 

Sophie Chérer, Ma Dolto, L’École des loisirs, collection « Médium ». 11 €