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vendredi, 20 juin 2014

L’Autre Rive accueille le poète

 

Richard Rognet

 

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                                       photo C.Hélie

 

vendredi 27 juin 2014

à 18 h 30

Dans les méandres des saisons vient de paraître aux éditions Gallimard. Les saisons de la nature y reflètent les saisons de la vie intérieure d’un homme qui, en quelques années, a été frappé par plusieurs deuils – et qui n’a pas renoncé à rêver. Luttant pour s’arracher à la nostalgie du passé et pour reconquérir, dans sa plénitude, la sensation du moment présent, le poète est attentif aux renaissances des fleurs, aux voix des oiseaux, ainsi qu’aux métamorphoses du bleu, qu’il observe à la surface des eaux, dans la texture des nuages et sur le relief des pentes vosgiennes.RRognet_couv_Méandres.jpg

C’est là une ample série de poèmes, la plupart empreints de lyrisme et de musicalité ; mais ils ont aussi pour rôle de nous élever, par paliers, jusqu’à un autre ensemble de textes, ceux-là plus intimes et d’une parfaite limpidité, dans lesquels se dessine le vivant portrait de la mère défunte du poète – et il nous semble alors être entrés, non dans une seconde partie du livre, qui serait située à la suite du cycle des élégies de la nature, mais dans une sorte d’envers du recueil…

Le chant de Richard Rognet s’y révèle plus poignant que jamais.

 

Extrait :

La neige, fraîchement tombée sur le lac gelé,

aspire les fragments de bleu qui s’infiltrent

à travers les nuages gonflés de grisailles

mouvantes. Ainsi, la neige est bleue, on

croirait même qu’elle est le ciel, cet autre

 

ciel qui envoûtait mon enfance, lorsque

j’allais quérir une force nouvelle, au bord

de la rivière qui aidait mon image à devenir

celle du monde. Qui m’attend dans les recoins

de la mémoire ? qui d’autre, plus vivant,

 

plus allègre que moi ? qui, venu du passé et

proche du présent ? ce présent qui m’emporte

vers des lumières insoupçonnées que d’autres

adopteront, pour voir plus loin que les temps

morts qui empêchent d’entendre le souffle de

 

la vie. La neige sur le lac, ô la neige ! et

ceux qui voient, en elle, l’inoubliable écrin

 

de ce qui ne meurt pas.